
Myspace d’abord, aujourd’hui Facebook, et des dizaines d’autres moins connus : aujourd’hui les réseaux sociaux font de plus en plus d’adeptes, et c’est presque ringard de ne pas en faire partie. Le problème, c’est qu’à force de se balader sur ces réseaux, de tester toutes les applications proposées et de customiser son profil, eh bien... on devient vite accro ! Comment en arrive-t-on à passer sa journée sur un réseau ? Qu’est-ce qui nous plait tant là-dedans ? C'est grave ? Et comment ça se soigne ?
On se connecte « juste 5 minutes » pour aller voir si on a de nouveaux amis ou un nouveau message, et puis hop, un nouveau petit jeu à faire, le profil de quelqu’un qu’on a pas vu depuis longtemps à visiter...tiens, c’est bizarre il fait déjà nuit!
Il y a tellement de trucs rigolos à faire quand on se branche sur le réseau... D’abord, se créer un profil. Rien que sur ça, on peut y passer des heures ! Entre les infos à donner (on se vieillit ? on se rajeunit ? on choisit un prénom plus cool ?), la déco à choisir, les photos à ajouter (quel est mon meilleur profil ?), et la phrase spirituelle à noter, on a sans cesse envie d’y retourner pour en améliorer le contenu. Là, ça fait une heure et demie qu’on le peaufine, notre joli profil.
En plus, les réseaux sociaux constituent un moteur de recherche formidable pour qui veut retrouver des amis perdus de vue, mais aussi ajouter dans ses amis un politique, une célébrité, une marque : « Tiens, et qu’est devenu bidule ? et truc ? J’aimerais bien voir la tête qu’il a aujourd’hui... Je me demande si Madonna a un profil ? J’aimerais bien ajouter les Rolling Stones à mes amis... Ah, j’ai retrouvé mon amoureux de la maternelle ! » Euh, et il est 23h.
Ce qui nous plaît, aussi, c’est que faire partie d’un réseau social nous permet de nous valoriser et de ne montrer aux autres que ce dont nous avons envie. On choisit les plus belles photos de nous, on expose ses super films de vacances à Saint-Trop’, on étale une culture pas possible en littérature américaine, et en plus on a plein d’amis. Pratique de passer sous silence qu’on ne connaît pas la moitié de ces gens dans la vraie vie, que le matin on a des cernes, et qu’on ne connaît rien au rock indépendant !
Et puis, pour finir, le truc sympa avec ces réseaux, c’est qu’une fois qu’on a plein d’amis (ou de connaissances, ou de gens qu’on n’aime pas) dans son réseau, on peut faire la chasse au potin (tout le monde aime ça, ne niez pas). Qui est parti où en vacances, qui est sorti où hier soir, qui plaît à qui, machin et bidule sont amis, incroyable ! Avec tout ça, il commence déjà à faire jour... ça y est, je crois que je suis accro...
Ne dramatisons pas une légère addiction, faire partie d’un réseau social peut quand même nous apporter un certain nombre de choses enrichissantes ou amusantes.
Ce n’est pas uniquement par sa capacité à nous rendre accros que le réseau social a autant de succès. Certains réseaux comme Myspace, qui mettent en avant l’écoute de musique en ligne ou l’exposition de talents artistiques multiples ont permis l’éclosion de jeunes talents devenus depuis de véritables phénomènes de mode. L’avantage du réseau, c’est que l’on peut partir à la recherche de la perle musicale de l’année en voguant de profil en profil, et comme même les superstars s’y mettent, on peut se fabriquer le petit catalogue de profils artistiques de nos rêves. Et puis on peut frimer en connaissant tout avant tout le monde (enfin, avant que ça ne passe à la radio).
De plus, même si les amis, on les préfère en vrai, le réseau nous permet de garder contact avec tous ceux qui sont malheureusement trop loin de nous pour qu’on les voie tous les samedis. Pour tous les paresseux qui n’envisagent pas vraiment l’option « lettre » et dont le forfait téléphonique souffre continuellement, le réseau permet de s’envoyer des nouvelles via petits mots et photos sur le profil.
Profitons-en, quand on sait que ça n’existait pas il y a dix ans...
Ce que l’on fait sur un réseau n’est pas d’un intérêt primordial pour le sort de l’humanité, certes, mais ça ne l’est pas forcément non plus pour nous. Vraiment, il y a des choses dont on peut se passer.
Avouez que pour réussir à passer sa soirée en réseau, il faut être motivé. En plus, on se fait peut-être plein de nouveaux amis virtuels, mais en attendant, nos vrais amis, eux, ne sont pas contents du tout de ne plus nous voir. Alors, la chasse aux amis en réseau, surtout quand ils étaient dans notre classe il y a 4 ans et qu’on ne les aimait pas trop... on peut arrêter tout de suite.
Cela vaut aussi pour la quête désespérée d’un ex sur tous les réseaux existants, juste pour voir à quoi il ressemble aujourd’hui. Premièrement, si vous ne le trouvez pas, pas la peine d’essayer la recherche avec son deuxième prénom, il n’y sera toujours pas. Deuxièmement, il y a toutes les chances pour qu’il soit devenu très moche.
Et sinon, vous aviez vraiment besoin d’établir la liste de tous les livres que vous avez lu ces dix dernières années, d’y ajouter celle des films que vous avez regardés (même en DVD), et de passer une heure à vous chercher une citation préférée ? Tout ceci dans le but de remplir un profil, alors que tout le monde va aller voir vos photos et éviter soigneusement toute lecture ? Eh bien, non.
Vraiment, on peut éviter de passer son temps à améliorer ce qui n’est, faut-il le rappeler, qu’un pâle reflet virtuel de ce que vous êtes, vous, en vrai. Vos amis vous connaissent en chair et en os, ils en savent bien plus sur vous que ce que raconte votre profil.
« Docteur, ça se soigne, une addiction aux réseaux sociaux ? » Pas de panique, ça peut s’arranger, d’autant plus que ce n’est pas encore répertorié au rang de maladie incurable par le ministère de la Santé. Vous n’avez pas encore besoin d’adhérer aux A.R.A. (Accros aux Réseaux Anonymes), quelques petites règles à suivre suffisent pour décrocher.
Planifier
Oui, maintenant, on planifie. Au lieu de se dire qu’on va juste « faire un petit tour » en réseau à n’importe quel moment, pour finalement se retrouver scotché devant l’écran pendant 3 heures, on s’organise. Désormais, on s’autorise à jeter un œil à notre profil une fois par jour maximum, et surtout on se fixe un temps limite au-delà duquel on doit se débrancher illico. Pour les accros les plus gravement touchés, on fixera une limite d’une heure par jour dans un premier temps. Pour les autres, une base d’une demi-heure quotidienne serait un bon départ. Un signe de bonne volonté est de s’organiser de façon à ne plus se connecter chaque jour, mais en fonction de son temps libre. La chose paraît simple, et pourtant, étrangement, on se comporte souvent de façon peu raisonnable... Mais après un premier effort, la planification permet d’apprécier plus justement nos moments de « réseautification » ! Bonus : à se rendre de temps en temps indisponible, notre présence n’en aura que plus de prix...
Filtrer
Désormais, adieu les inconnus ou obscures connaissances qui ne sont ni des stars, ni de grands patrons qui vont nous offrir un job en or. Ces gens-là, on les filtre et on ne les ajoute plus à notre formidable réseau d’amis. Premièrement, ça fait de la place sur notre page, deuxièmement, c’est agréable de se dire qu’on sait mettre un nom sur chaque photo que l’on a sous les yeux, sans réfléchir intensément ni remonter une piste d’amis d’amis d’amis et troisièmement, on se dit que ces gens-là ne nous apporteront strictement rien, si ce n’est quelques spams ou messages idiots.
Relativiser
On ne le répètera jamais assez, mais la vie en vrai, c’est toujours mieux que sur Internet. Certes, on est content de se dire que 168 personnes ont cliqué sur « ajouter » pour que l’on fasse partie du même réseau, mais fondamentalement, ça ne va pas changer grand-chose à notre vie. Ça ne changera pas grand-chose non plus que machine soit super belle sur la photo de son profil, que bidule compte 657 amis, ni que truc ne nous demande pas d’en faire partie !
La vérité, c’est que les réseaux sociaux servent surtout à garder contact avec nos amis lointains, à découvrir des personnes qui ont les mêmes passions que nous, ou à nous distraire quand il pleut... Pour le reste, le contact humain, c’est quand même ce qui se fait de mieux !
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